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jeudi 28 mai 2009

Des scabs à Beaulieu Canada

L'usine 4 de Beaulieu Canada basée à Acton Vale vient d'être trouvé coupable d'employer 2 briseurs de grève et doit cesser sur-le-champ leur emploi, c'est ce qu'a décidé la Commission des relations du travail du Québec.

Rappelons que les employé-e-s de l'usine de tapis sont en lock-out depuis le 21 mars puisqu'ils ont refusé, et ça se comprend, les offres patronales qui grugeaient dans tout ce que les ouvriers et les ouvrières pouvaient avoir comme avantages sociaux. Les offres comprenaient entre autres des baisses de salaire de 15% (!) et des baisses de primes de productivité. À ce titre, vous pouvez voir l'article publié auparavant sur notre blogue ici.

Beaulieu Canada a donc été mis à l'amende pour l'emploi de ces deux briseurs de grève qui, bien entendu, aidait l'employeur à produire plus et à faire perdurer le conflit. Cependant, selon le syndicat, ce serait non pas 2, mais 6 briseurs de grève qui travailleraient illégalement dans l'usine.

Espérons que les travailleurs et les travailleuses de l'usine 4 de Beaulieu Canada ne se laisseront pas manger la laine sur le dos et continueront le combat!

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mardi 24 mars 2009

Le ouvriers et les ouvrières de Beaulieu Canada sont combatifs

Voici un texte tiré du journal La Voie de l'Est traitant de l'actualité syndicale dans la région d'Action Vale.

(Acton Vale) Sans surprise, les employés de l'usine 4 de Beaulieu Canada se sont heurtés à des portes verrouillées en arrivant au travail hier matin. L'employeur semble avoir mis à exécution la menace de lock-out qu'il avait faite advenant un refus de ses dernières offres sur la convention collective, offres qui ont été rejetées à 74 %, jeudi.

«On était dans le stationnement, à 6h30, devant les barrières qui étaient fermées. On a attendu jusqu'à 7h15, 7h30. Ils n'ont pas ouvert les barrières», raconte Patrick Gauthier, le président du syndicat de l'usine 4.

«La porte était barrée, mais les cadres étaient à l'intérieur», ajoute le conseiller syndical à la FTQ, Gaétan Desnoyers. «Les employés n'étaient pas surpris. L'employeur leur avait dit avant le vote de jeudi. Je les ai trouvés sereins. Ils ne semblaient pas regretter», relate-t-il.

Personne toutefois n'avait reçu hier d'avis officiel de lock-out de la part de l'employeur. «Ils ont peut-être envoyé la lettre au Ministère (de l'Emploi et de la Solidarité sociale), et on va la recevoir prochainement», précise M. Gauthier.

Les employés se sont ensuite rendus au local syndical «pour préparer le piquetage qui va commencer lundi matin», dit M. Gauthier.

Les employés de l'usine de fabrication de tapis ont refusé les dernières offres patronales, jugées inacceptables. Elles présenteraient peu d'avantages par rapport à la précédente, refusée le 7 mars. L'employeur a notamment renoncé à faire passer de dix à quatre jours le délai dans lequel un employé mis à pied peut se faire payer un jour férié après son congédiement.

«C'est des détails, s'insurge M. Desnoyers. Ça n'a évidemment pas été jugé suffisant lors du vote.» Sur les 67 employés de l'usine 4, seulement 31 personnes ont voté jeudi. Ce taux de participation s'explique par le fait que «la liste de 67 employés comprend des surnuméraires qui n'ont pas été appelés à l'usine depuis deux ans», indique M. Desnoyers.

Pénalités

Selon lui, les employés souhaitent que l'entreprise leur donne des conditions semblables à celles octroyées aux employés de l'usine 3 l'an passé, à la suite d'une grève et d'une menace de fermeture.

Tout comme eux, ils seraient prêts à accepter une baisse de 15 % de leur salaire, qui passerait alors à environ 14,40 $ de l'heure, «même si les salaires du plan 4 sont déjà plus bas que dans le plan 3», souligne-t-il.

«Dans la dernière offre, il y a vraiment deux points qui achoppent», précise M. Gauthier. En plus de la baisse de 15 %, l'entreprise veut diminuer les salaires au cours des deux premières années de travail d'un employé. «La première année d'emploi, après le trois mois de probation où ils gagnent 9 $ de l'heure, le travailleur aurait le taux de base prévu pour son occupation, moins 2 $ de l'heure, soit environ 12,40 $ en moyenne. La deuxième année, il aurait le taux de base, moins 1 $, soit environ 13,40 $ de l'heure. C'est énorme comme baisse. À l'usine 3, ils n'ont pas ces pénalités», explique M. Gauthier.

La direction voudrait également diminuer les primes de productivité données à certaines catégories d'employés, comme les couturières et les tailleurs. «Auparavant, le travailleur avait la possibilité d'avoir 25 % de plus sur son salaire. Là, ils veulent débarquer ça. Nous, on dit que les employés peuvent augmenter leur vitesse, mais pas gratuitement. Il doivent avoir le même bonus», dit M. Gauthier.

L'employeur voudrait aussi forcer les travailleurs qui perdraient un poste de jour à travailler sur les postes de nuit disponibles. «Avant, ils pouvaient dire non et être sur la liste de rappel. Maintenant, s'ils disent non, ils sont dehors. Ça veut dire qu'un mère monoparentale qui ne pourrait travailler de nuit serait à la porte», illustre M. Gauthier.

Le syndicat se dit prêt «à retourner à la table de négociation s'ils veulent bouger», dit M. Desnoyers. «Les gens nous ont dit qu'ils ne voulaient pas retourner en assemblée générale tant qu'il n'y a pas de parité avec le plan 3», ajoute-t-il.

La direction de l'entreprise n'a pas répondu aux appels de La Voix de l'Est, hier.

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