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lundi 27 avril 2009

Les pro-vie sont pro-choix en matière de religion

Malheureusement, force est de constater que la droite religieuse est toujours bien ancrée au Québec. Drummondville était l'hôte, samedi dernier, d'une manifestation pour démontrer une opposition à l'imposition par l'État du cours d'Étique et de culture religieuse (ECR) par le Collectif pour la Liberté en Éducation (CLÉ). Un autre collectif, le Collectif pour la Liberté de pensé en Éducation (CLPÉ), celui-ci entièrement d'accord avec le cours d'ECR, s'est formé en réation à la manifestation de la CLÉ à Drummondville. La CLPÉ et les membres de La Barricade ont donc organisé une contre-manifestation pour démontrer un appui au cours d'ECR.

La principale revendication de la CLÉ est fort simple : elle revendique la liberté de choix pour les parents en matière d'éducation religieuse. Cela veut dire, selon les divers courants de pensé au sein de la CLÉ (de la droite à l'extrème-droite!), le retour au choix entre les cours d'enseignement religieux ou moral, ou bien encore, le cours d'ECR optionnel.

Il y a avait tout de même problablement plus d'un millier de personnes à manifestation/marche dont plusieurs venaient de diverses autres regions du Québec. La CLÉ voulant organiser une marche familiale, on a eu droit à l'absurdité. En effet, j'ai pu voir des enfants scandés un slogan comme «le choix aux parents». Bien sûr ils avaient l'air d'avoir appris leur phrase par coeur et de ne pas trop comprendre le sens de leurs paroles. On a aussi eu le droit à l'incohérence puisque beaucoup de gens brandissaient des pancartes «Non à la religion d'État». En voyant cela, je me suis dit qu'il devait y avoir des gens d'autres villes en accord avec les cours d'ECR qui sont venus infiltrer la manifestation. Et bien non, c'était un slogan de la CLÉ. Un homme m'a expliqué que la CLÉ considérait que le cours d'ECR était une nouvelle religion d'État avec son idéologie (le relativisme) et son dogme (rien n'est vrai ou absolu)... Et pour vous demontrez la crédibilité des gens participant à la manifestation, le même homme m'a aussi dit que le but du gouvernement, en rendant obligatoire les cours d'ECR, était de détruire le catholicisme! La CLPÉ a eu droit grotesque. Un des camarades s'est fait dire qu'il brûlera en enfer (sans blangue) par une dame. Cette même dame m'a dit que j'avais désepèrement besoin de Dieu. Sans oublier un racisme et une xénophobie subtile. La CLÉ se donne un image de groupe pour la justice et la démocratie, bref un groupe progressiste. Les organisateurs ont souligné la présence à la marche de personne «non-catholiques» pour ne pas passer pour des nostalgiques du temps où il n'y avait pas d'immigration. Nous avons tout de même aperçu une pancarte «Contre l'ECR, Contre le multiculturalisme» Quand même!

Il faut voir les choses comme elles sont. Les groupes oppositionnels au cours d, ECR sont des groupes reactionnaires, religieux, xenophobe voire raciste. C,est ce que la CLPE a essaye de demontrer samedi dernier. On peut dire que c,est mission accomplie puisqu,en plus de la visibilite que l,on a eu dans les rues, nous avons donne plusieurs entrevues, dont une 'a Radio-Canada.

Pour finir, nous voudrions souligner le travail remarquable de la CLPE, sans eux et elles, la manifestion aurait passe sous silence, sans opposition.

Blog du Collectif pour la Liberte de pense a l,ecole : http://clpecole.blogspot.com/2009/04/le-collectif-pour-la-liberte-de-pensee.html

dimanche 28 décembre 2008

Pendant ce temps en Palestine...

Israël a lancé cette semaine l'opération "plomb durci", la plus violente depuis 1967 contre les territoires palestiniens. Bilan : déjà plus de 300 mortEs et 600 blesséEs lors de raids aériens et une mobilisation de troupes israéliennes en vue d'une possible attaque terrestre. De plus le ministre de la défense d'Israël, Ehud Barak, entend continuer et prévoit que ce sera long et difficile.

Bref, une fois de plus, Israël démontre toute la cruauté dont un État impérialiste peut faire preuve. Il est normal qu'un peuple qui se fait emmuré, qu'on fait mourir de faim, qu'on empêche de vivre, qu'on exproprie se révolte. La réponse d'Israël face à la révolte légitime des PalestinienNEs est cependant toujours la même : attaques, bombardements, assassinats etc. D'ailleurs il est très difficile de comprendre la réaction des IsraélienNEs face à la Palestine puisqu'ils et elles leur font subir, à un degré moins élevé, ce que les juifs ont vécu à de nombreuses reprises dans leur histoire...

Il est grand temps que les PalestinienNEs se révoltent. Cependant, ils et elles canalisent cette révolte dans la religion musulmane et dans un nationalisme puissant. Or, il serait grandement intéressant qu'on s'attque aux vrais cibles : l'impérialisme, la religion et le capitalisme. En effet, on ne combat pas un impérialisme religieux (comme celui d'Israël) en se tournant vers une autre religion, mais bien en combattant toute forme de cette dernière. En canalisant leur révolte dans le Hamas et la religion musulmane, les PalestinienNEs ne règlent aucun problème, ils ne font que continuer le même cirque que les juifs sionistes ont débuté. Le fanatisme religieux, peu importe lequel ne règlera jamais un seul problème.

Il est quand même important d'appuyer la révolte palestinienne puisque celle-ci est légitime et combat l'impérialisme. D'ailleurs, aujourd'hui même à Montréal a eu lieu une manifestation pour dénoncer les attaques israéliennes sur la Bande de Gaza et elle a rassemblé plus de 300 manifestantEs (selon La Presse, ce qui laisse croire qu'ils et elles étaient bien plus nombreux et nombreuses).

Finalement, si le sujet vous intéresse, voici quelques liens pertinents permettant d'approfondir ses connaissances où de voir ce qu'il nous est possible de faire pour appuyer cette cause :

PAJU - Palestiniens et Juifs Unis
Tadamon!
Dossier La Presse

jeudi 18 décembre 2008

Obama et le changement...

Beaucoup de gens ont cru que le changement tant attendu dans les politiques américaines allait se produire avec l'élection de Barack Obama à la Présidence des États-Unis. En effet, le pays a d'ailleurs connu des élections générales avec le plus haut tôt de participation de l'hisoire. Malheureusement, bien des gens n'ont pas compris que les vrais changements ne se sont jamais faits avec les urnes, mais bien dans la rue.

Ceux et celles qui croyaient en un pays plus progressiste vont être surpris-es. En effet, on apprend ce matin que Monsieur Obama fera prononcer une prière lors de son investiture par un pasteur très connu aux États-Unis pour ses positions contre les mariages gays et l'avortement, Rick Warren.


Or, Monsieur Obama justifie cette décision en disant qu'il veut "unir et rassembler" les différents courants. (Il est vrai que d'appuyer un courant qui rejette carrément une partie de la population est une bonne façon de faire cela...) Il cherche effectivement à "reconquérir les croyants".

D'ailleurs, ce n'est pas la première fois que le futur président se livre à ce genre d'exercice. En effet, lors de la campagne électorale, il avait participé à un débat religieux avec John McCain, une première dans l'histoire. Ce débat a permis de connaître leur rapport à la foi, leur définition du mal et leur plus grand péché. Comme si ce n'était pas assez intéressant ainsi, ce débat fut animé par nul autre que... Rick Warren lui-même.

The Change We Need... je ne crois pas que ce soit avec Obama qu'on va l'avoir.


P.S. Voici un communiqué de la Fédération des Communistes Libertaires du Nord-Est des États-Unis, NEFAC-USA émis suite à l'élection d'Obama à la Maison Blanche.

Le changement dont nous avons besoin : Une perspective anarchiste sur l'élection présidentielle de 2008

L'élection est terminée. Barack Obama deviendra le prochain président des États-Unis. La nouvelle de la victoire d'Obama a donné lieu à des célébrations spontanées dans tout le pays. L'énergie était partout contagieuse et partout les conversations semblaient traduire une perspective positive que les gens aux États-Unis n'ont pas connu depuis de longues années. Des mots comme changement et espoir sont utilisés, et il semble largement admis que l'élection d'Obama annonce une nouvelle ère de justice sociale, la fin de la guerre et la réduction significative du racisme qui gangrène la société américaine. Mais, alors que l'énergie et le spectacle médiatique s'estompent, nous aimerions que vous considériez l'élection d'un autre point de vue. En tant qu'anarchistes de lutte de classe, c'est notre conviction que les élections dans une société capitaliste ne peuvent en fait jamais apporter la véritable justice et la sécurité aux personnes ordinaires. Nous ne pensons pas que ces élections puissent prévenir les guerres, traiter efficacement le racisme, le sexisme ou la dégradation de l'environnement de façon le moindrement permanente.

Nous sommes solidaires des espoirs de changement profond des millions de personnes qui ont voté pour Obama. Toutefois, nous reconnaissons également que le système capitaliste est dans une grave crise qui s'étend à toutes les personnes salariées et opprimées, une crise que même le titulaire le mieux intentionné de la plus haute fonction est incapable de résoudre. Le but de ce texte est de fournir une perspective sur la crise et une esquisse de solutions.

La présidence de George W. Bush a été, à presque tous points de vue, une catastrophe. Mensonges, guerres, une crise financière et une récession profonde, et le renforcement de l'État policier ne sont que quelques-uns des legs douteux de Bush. Certains d'entre eux étaient déjà évidents il ya deux ans, quand la saison électorale fut ouverte et que les libéraux(*) et les réformistes ont commencé leur campagne contre ces problèmes. Toutefois, la raison pour laquelle ces problèmes existent en premier lieu était manifestement absente de leurs attaques.

Il est de notre conviction que l'inégalité économique, la guerre, le racisme, le sexisme et la destruction de l'environnement sont inhérents à toute société capitaliste. Considérez un instant la grande richesse que notre société crée, tout depuis les cultures jusqu'aux médicaments. Toutefois, l'accès à cette richesse est inégalement réparti, soit disant déterminé par les marchés libres. Il est admis par les politicienNEs et les médias que ces soit disant marchés libres sont une partie naturelle de la vie. Les marchés, toutefois, sont mis en place par les gens; ils peuvent également être modifiées ou annulées par les gens. Comme anarchistes, nous croyons que la production et la distribution de la richesse de la société devrait être décidé démocratiquement, par les personnes, et non par un mécanisme de marché qui est en fait contrôlée par quelques-unEs.

La démocratie:

Les anarchistes sont tout à fait en faveur de la démocratie. La notion que les gens devraient se réunir et prendre des décisions est l'épine dorsale de notre idéologie. Cependant, nous ne considérons pas le système démocratique américain comme étant représentatif de ces idéaux. Les républicains et démocrates existent en deux factions rivales luttant pour notre consentement à être dirigé. Tous deux soutiennent une rhétorique d'intérêt commun avec les gens ordinaires, mais nous estimons que ce n'est qu'une illusion. Les hommes et les femmes politiques dans ce pays existent pour fournir une plate-forme stable de gestion et d'exploitation de la majorité de la population active en Amérique par la minorité des capitalistes, c'est-à-dire les propriétaires des outils avec lesquels nous produisons la richesse. Nous construisons, surveillons, nettoyons et travaillons dans les bureaux et les usines, nous transportons les marchandises, et nous les vendons, mais les capitalistes les possèdent et empochent les profits. Les intérêts de ces deux groupes ne sont pas les mêmes. La classe des patronNEs veut obtenir le plus possible des travailleurs et des travailleuses. Ils veulent nous payer aussi peu que possible et nous vendre tout ce qu'ils possèdent aussi cher que faire se peut. Laissé à elles-mêmes, ces conditions ont conduit à des soulèvements. Vous ne le croyez pas? Regardez notre propre histoire! L'abolition de l'esclavage, la journée de 8 heures, le droit de constituer des syndicats, la rémunération des heures supplémentaires, les lois sur le travail des enfants, la fin de la ségrégation légale, le droit de vote des femmes et leur droit de choisir, le droit des gais et des personnes transgenres d'être eux et elles-mêmes n'ont pas été gagné par les urnes, mais par des gens s'organisant, faisant la grève, organisant des boycott et prenant la rue. Les libéraux en fonction ont adopté des lois en réponse aux mouvements et pour décapiter ce qui aurait pu devenir une poussée révolutionnaire.

Conséquences de l'élection

Sans aucun doute, cette élection a été historique. Nous voyons deux raisons. Un homme noir a été élu à la magistrature suprême aux États-Unis, un pays fondé sur le kidnapping de masse des AfricainNEs et le vol des terres des peuples autochtones qui vivaient déjà ici. Deuxièmement, la campagne d'Obama a été marquée par l'un des travail d'organisation de masse les plus étendu depuis des années.

Les États-Unis sont un pays profondément marqué par le racisme, et malgré ce que certains expertEs pourraient croire, il est clair pour toute personne ordinaire que le racisme est loin d'être mort. L'oppression raciale est une question complexe, et nous ne voulons pas la simplifier. Toutefois, une discussion des raisons pour laquelle le racisme et la suprématie blanche ont été si inextricable dans la société américaine aurait à examiner comment la race a toujours été utilisée comme un levier de la classe dirigeante dans sa rhétorique et ses politiques pour maintenir la classe ouvrière divisée selon des critères raciaux et ainsi l'empêcher de réaliser son plein potentiel en tant que force capable de s'auto-organiser et de surmonter son oppression. L'élection d'un Noir à la présidence des États-Unis représente un réel changement dans les attitudes des AméricainEs, et nous nous félicitons de ça. Toutefois, le racisme n'est pas seulement une question de mentalités. Il fait partie intégrante du système d'exploitation des travailleurs et des travailleuses. Ce racisme systémique est ce qui soutien les intérêts de la classe dirigeante, et, avec l'ampleur de plus en plus évidente de l'effondrement de l'économie, la classe dirigeante sera énergiquement à la recherche d'opportunités de défendre ses intérêts. La voie à suivre pour la classe ouvrière est de s'organiser dans son propre intérêt, pour défendre les aspirations de ceux et celles qui sont opprimés par le racisme. Nous voyons des mouvements de justice sociale, des associations de quartier et des groupes de surveillance de la police à titre d'exemples. Ces sortes de mouvements de bas en haut sont en contradiction flagrante avec ce que seront les efforts de haut en bas de l'État, même dirigé par une administration Obama, pour résoudre les problèmes sociaux. Ces efforts peuvent soulager certains des symptômes, mais laisseront intact les causes profondes des problèmes.

L'autre élément important de l'élection a été la mobilisation de base sans précédent qui a appuyé la campagne de Obama. Sous le signe du changement et de la justice sociale plusieurs milliers de personnes se sont portées volontaires, ont donné de l'argent, ont fait rouler la campagne. Nous considérons cette tendance avec grande excitation. Imaginez ce qui pourrait être obtenu si cette concentration sur le travail d'organisation à la base était transposés dans les communautés où nous vivons, dans des actions directes en notre nom au lieu d'appels au pouvoir.

Nous demandons instamment que cette énergie et cette créativité aille dans des mouvements indépendants des politicienNEs. Nous encourageons le soutien aux syndicats, à la démocratie de quartier, à la résistance à la brutalité policière, au soutien aux prisonnierEs politiques, à des modèles d'éducation de masse et aussi un mouvement avec des dents. Par-dessus tout, nous devons nous battre pour ce dont nous avons besoin, pas ce que le système est prêt à nous donner.

En outre, nous devons tous et toutes guetter les expressions de haine raciste et des mouvements fascistes organisés dans les mois et les années après l'élection. La vérité est que de nombreux AméricainEs blancHEs sont encore ouvertement racistes, et il ya des groupes qui exploitent ça, et la véritable colère des questions sociales, pour créer des mouvements violents. La nouvelle d'une église noire brûlée à Springfield, MA, quelques heures à peine après l'élection n'est pas surprenante, et nous devons utiliser tous les moyens nécessaires pour mettre fin à de tel mouvements.

LA NEFAC USA
Novembre 2008

["Traduction" par Phébus (UCL-Québec)]
(*) Aux États-Unis les libéraux désignent les progressistes.